Football

Jean-Michel Aulas se met le football français à dos en évoquant une « saison blanche » de Ligue 1

L’idée du dirigeant lyonnais de reprendre le classement final de la saison passée est « indécente », selon le président marseillais Jacques-Henri Eyraud qui dénonce « l’obscénité (d’une) proposition opportuniste ».

Les sorties médiatiques de Jean-Michel Aulas, l’influent président de l’Olympique lyonnais, laissent rarement indifférent. Celle parue dans les colonnes du Monde, vendredi, quant à une éventuelle annulation du championnat de Ligue 1, suspendu en raison du coronavirus, a carrément fait bondir le milieu du football français.

Si l’épidémie de coronavirus continue de perturber le championnat de France dans les semaines à venir, « le plus logique serait alors de dire : on annule tout et on repart sur la situation du début de saison », avait lancé le patron de l’OL qui tirerait largement avantage de cette situation, en permettant à Lyon, éloigné des places européennes à dix journées du terme, d’être qualifié pour la prochaine Ligue des champions, au titre de sa deuxième place acquise en fin de saison dernière.

Dans son argumentaire, le dirigeant lyonnais estime que cela permettrait d’éviter « à ceux qui sont concernés par le bas du tableau de se retourner contre la LFP et la FFF ». Un argument juridique balayé par la Ligue de football professionnel.

« La seule façon d’éviter les recours c’est que les compétitions aillent à leur terme », a répondu son directeur général exécutif Didier Quillot, samedi au site internet du journal L’Equipe, en mentionnant les engagements pris devant les diffuseurs.

Idée « indécente » et « opportuniste »

« Le football, c’est la solidarité entre les quarante clubs [de L1 et L2] et l’ensemble des acteurs du foot. Ces paroles n’engagent que lui », avait taclé plus tôt la présidente de la Ligue, Nathalie Boy de la Tour, interrogée par BeIN Sports.

Samedi en début de soirée, Jean-Michel Aulas a précisé sur Canal+ qu’il souhaitait « évidemment » terminer l’exercice en cours. « Je n’ai pas du tout occulté l’opportunité de terminer le championnat. La question était de savoir ce qui se passait si le championnat n’était pas terminé », s’est-il défendu.

Ses concurrents Marseille et Rennes sont en tout cas montés au créneau pour dénoncer une idée « indécente ». « Si par malheur le championnat devait s’arrêter définitivement, il me semblerait sportivement équitable que le classement soit entériné au soir de la dernière journée jouée (…) », a pointé le président rennais, Jacques Delanoë.

Mais la charge la plus virulente est venue de Jacques-Henri Eyraud, le président de l’Olympique de Marseille qui, dans une tribune publiée sur le site internet du Journal du dimanche, samedi 14 mars, a fustigé « l’obscénité (d’une) proposition opportuniste » et « l’égoïsme de celui dont la seule boussole est sa participation à la Ligue des champions ».

« Nous connaissons la volonté obsessionnelle de Jean-Michel Aulas de défendre l’OL par tous les moyens. Mais la ficelle est cette fois un peu grosse. Est-ce vraiment aimer et respecter le football quand, sans la moindre concertation, on suggère de nier les 28 journées de championnat déjà disputées ? », écrit-il.

« Inconcevable » pour Blaquart, pourtant barragiste

Avant la polémique, l’ensemble des clubs de Ligue 1 avaient en tout cas exprimé leur envie de voir le championnat connaître sa conclusion sur les terrains, quitte à prolonger l’exercice au-delà du mois de mai.

« On risque de terminer un peu plus tard mais ce n’est pas un problème à mon goût. Si on termine le championnat, ce sera les mêmes équipes », donc « l’équité » sera respectée, a exposé l’entraîneur de Strasbourg, Thierry Laurey, ajoutant : « Si on annule, comment vous faites pour l’Europe ? ».

La qualification pour les places européennes, justement, est l’objectif qui incite l’AS Monaco, 9e avec le même nombre de points que Lyon, à poursuivre l’exercice en cours. « Je souhaite que l’on remonte au classement. Tout le monde sait que j’ai fait des changements [limogeage de Leonardo Jardim] en plein championnat et que j’en attends beaucoup », a reconnu Oleg Petrov, le vice-président du club monégasque.

Une saison blanche, sans relégation, rendrait service aux équipes actuellement en danger, comme Toulouse (20e), Amiens (19e) voire Nîmes, en position de barragiste. Mais l’entraîneur des Crocodiles ne veut pas entendre parler d’une telle solution. « En tous les cas, on ne pourrait pas se réjouir d’une telle décision. C’est inconcevable même si Nîmes, aujourd’hui, en profiterait », affirme Bernard Blaquart.

En cas de reprise du Championnat, la Ligue et les clubs seront néanmoins confrontés à un casse-tête pour programmer les dix dernières journées avant le 30 juin, date de fin de contrat pour de nombreux joueurs.

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